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Pour les promoteurs de concerts, plus grand ne signifie pas toujours meilleur

Des performances en stade colossales comme celle de U2 l’été prochain à Baltimore deviennent de plus en plus rares.

Bono et la formation rock irlandaise U2 joueront en juin 2011 au M&T Stadium — un concert rare pour cette venue. (ALVARO BARRIENTOS, Associated Press / 25 septembre 2010)

par Erik Maza

Lorsque U2 jouera au M&T Bank Stadium l’an prochain, ce sera un énorme coup financier et promotionnel pour cette ville qui n’a pas vu de tête d’affiche depuis deux ans.

Mais ne vous attendez pas à un rappel de si tôt.

Avec des compétitions régionales importantes et des ventes de concerts faibles dans tout le pays, le stade ne réservera vraisemblablement pas de tête d’affiche musicale lorsque les Ravens ne jouent pas dans les années à venir, ont déclaré les officiels du stade.

"Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il n’y a pas foule à notre porte", de confier Roy Sommerhof, vice président des opérations stade au M&T. "Il y a un gros malaise dans l’industrie du concert."

Les artistes sont plus enclins aujourd’hui à choisir des venues plus petites, qui coûtent beaucoup moins cher et se vendent bien plus vite que les stades.

"Les artistes ont découvert qu’ils pouvaient se faire l’équivalent d’une recette en stade en jouant en intérieur pour beaucoup moins de spectateurs", de souligner Gary Bongiovanni, du magazine Pollstar.

Le spectacle de U2 en 2011 prouve les difficultés que rencontrent les stades aux Etats Unis. Il a fallu un an de négociations avant qu’il se fasse.

Sommerhof a tout d’abord approché Live Nation pour réserver le groupe de rock irlandais au succès non démenti en mars 2009.

Mais réserver un concert en stade relève de l’exploit surtout lorsque cela implique nombre d’acteurs : Live Nation, le plus gros promoteur de tournées du pays ; la compétition régionale par le FedEx Field près de Washington D.C. et le Lincoln Financial Field de Philadelphie ; les Ravens et les Orioles, avec qui M&T partage les emplacements de stationnement.

Bien que ce soient la Maryland Stadium Authority qui gère le M&T, les Ravens réservent les shows ; Sommerhof travaille pour leur équipe. L’an dernier, le marché est tombé à l’eau car les dates proposées par Live Nation ne convenaient pas au calendrier des Ravens. En 2007, la même chose était arrivée avec Sting du groupe Police.

Sommerhof a également précisé que le coût d’un concert en stade signifiait qu’il ne fallait réserver que des artistes en mesure de vendre 70.000 places, ou aucun profit ne serait fait.

"Lorsque l’on observe ce qui se passe dans l’industrie du concert de nos jours, l’on ne voit pas grand nombre d’artistes qui jouent en stade. Il faut être un méga artiste pour pouvoir vendre un stade entier", a-t-il précisé.

C’est pourquoi le M&T n’a pas eu de concert depuis celui donné en 2008 par Kenny Chesney.

Ce n’est pas un problème propre à Baltimore, d’expliquer Bongiovanni. Alors que par le passé seuls les groupes de rock jouaient en stade, les coûts de production croissants de la dernière décennie ont entrainé un manque à gagner en stade.

"Aujourd’hui, l’économie n’est pas propice à la production d’un spectacle sur scène. Pour que cela fonctionne, il vous faut presque garantir une vente à guichet fermé ou proche de la capacité maximale d’accueil.

Il est possible de vendre 40.000 places et c’est bien mais là encore l’on perd de l’argent. Le profit se fait dans ces 10 à 20.000 places restantes."

Comme peu de têtes d’affiche peuvent le faire –— des stars de la country et des groupes de rock classiques tels les Rolling Stones — monter un concert n’est pas une mince affaire pour les stades qu’ils ne se résoudront à poursuivre que s’ils ont la garantie de bien vendre, de poursuivre Bongiovanni.

Le New Meadowlands Stadium du New Jersey, l’une des venues en stade la plus populaire, n’accueille que deux ou trois spectacles par an. "Même lorsqu’il s’agit d’une bonne année, l’on en obtiendra que deux", ajoute-t-il.

Pourtant, le FedEx Field près de Washington est mieux parvenu à réserver des têtes d’affiche que Baltimore. Sommerhof affirme que cela a contribué à affaiblir les réservations du stade.

"Nous savons que la compétition est rude dans le domaine des concerts et des championnats de lacrosse de la NCAA", reconnait-il.

Lorsque le M&T n’a pu accueillir U2 en 2009, le groupe a joué au FedEx, qui a également accueilli Paul McCartney la même année.

De plus en plus d’artistes, même d’importants tels que Lady Gaga et Bruce Springsteen, se dirigent vers les salles, dont le coût ne représente qu’une infime partie de celui d’un concert en stade, de remarquer Bongiovanni. Et en graduant leurs prix, ils vendent également bien plus vite.

La 1st Mariner Arena, qui peut accueillir jusqu’à 14,000 mécènes, a accueilli Springsteen l’an dernier et sera la première étape de la première tournée donnée par Sade en dix ans. Le Merriweather Post Pavilion, et sa capacité de 15.000 places, a accueilli cette année le Vampire Weekend et le Virgin Mobile FreeFest.

Sommerhof déclare que le M&T avait été approché par un promoteur il y a 8 mois qui a annulé en dernière minute car il avait compris qu’il valait mieux donner deux spectacles en salle qu’un en stade.

Au lieu de se concentrer sur les concerts, le M&T a choisi de se fixer sur le sport, comme la confrontation des équipes de foot de Chelsea et du Milan AC, l’an dernier et les championnats de lacrosse.

Les officiels de la ville ont déclaré que malgré le coût d’installation de ces spectacles, le M&T devrait poursuivre cette option en raison de ce que cela représente en gain financier pour la ville. En 2005, le HFStival a généré quelque 6.1 millions de dollars pour la ville selon la Maryland Stadium Authority. La mairesse Stephanie Rawlings-Blake a expliqué que des spectacles tels que celui de U2 mettrait la ville dans le circuit des concerts.

Et Kirby Fowler, président du Downtown Partnership, a ajouté que le concert donnerait à la ville un coup de fouet psychique mais également économique.

"Il y a cet impact intangible", de confier

Fowler. "C’est peut-être simpliste mais cela concoure à dire que notre ville séduit des artistes comme celui-ci. J’ai le sentiment que Baltimore est acceptée sur la scène musical nationale et internationale."

Pour continuer à recevoir les infos sur U2, le prochaine album et les dates de la tournée 2011 abonnez vous gratuitement au Google Group U2 France.

En savoir plus : Baltimore SUN

Selon Somerhoff, l’avantage d’un concert de U2 se répercutera sur d’autres artistes internationaux prouvant que Baltimore est en mesure de les gérer et de vendre des places pour eux.

Lorsqu’on lui demande quand une autre manifestation comparable au concert de U2 arrivera, il hésite disant que le stade tâtonne encore et qu’il ne sait pas si cela sera de nouveau possible avant au moins deux ans.

Il espère que ce concert débouchera sur d’autres.

"Lorsque notre mairesse dit qu’elle aimerait qu’il y ait plus de concerts, nous aimerions faire en sorte que cela arrive, déclare-t-il avant de conclure : "Nous avons tenu bon pour que Baltimore soit dans la ligne de mire de Live Nation, et cette ténacité a payé."

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