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N°1 - U2 - Achtung Baby

 par Corinne/Dead
 
La rédaction de SPIN a établi son classement des sorties musicales les plus influentes depuis les débuts de son magazine en 1985.

 


Les 125 meilleurs albums de ces 25 dernières années


par Andy Battaglia ; Scott Indrisek

Avec la réaction mitigée à la sortie de son album (meilleur que ce qui est admis) l’an passé, No Line on the Horizon, le poids sur la poitrine de U2 semble être fatigué plus par le corps politique de la pop que par son inspiration. Bizarrement, la situation était identique il y a un peu plus de 20 ans de cela. Après le succès raz de marée commercial et critique de Joshua Tree, notre conglomérat irlandais poursuivait sa muse pompeuse avec son docu-fiasco cogité sorti en 1988, Rattle and Hum, qui nous donnait à témoigner d’une citation de Bono qui nous hanterait pour les années à venir "Okay, Edge, play the blues !" Abattu et désorienté, le groupe battait en retraite et reconsidérait sa position tant qu’à savoir s’il était temps ou non de ranger à jamais son drapeau.

Au lieu de cela, trois ans plus tard, il émergeait avec l’album — Achtung Baby, référence ironique le lien à la réunification de l’Allemagne — qui allait booster sa carrière et construire génétiquement sa musique rock pour l’amener à ce mutant hybride que l’on connait aujourd’hui. Enregistré, à l’origine, aux studios Hansa, une ancienne salle de danse SS située tout près de mur de Berlin ré ouvert (et achevé plus tard chez U2 à Dublin), Achtung était une initiative originellement activée par Bono et the Edge, pour "déstructurer" le groupe et le re-câbler avec des secousses de rythmes générés par le désordre et le collage piquées à la musique industrielle, au hip-hop, aux remixes dance et à la scène de Madchester. Cette méthode a failli faire s’écrouler le groupe — son bassiste Adam Clayton et son batteur Larry Mullen Jr., tout comme son coproducteur Daniel Lanois, se retrouvaient abasourdis et grincheux.

Mais ce frisson trouvait son expression dans la musique la plus immédiatement dynamique de la formation rock irlandaise depuis 1982 avec War, et ses chansons les plus émotionnellement franches à ce jour, capturant cette unique possibilité éperdue des années 1990 et désespoir usé. Les envolées lyriques de Bono ont un grain abîmé un peu comme un prêtre défroqué cherchant à regagner son troupeau sans faire appel à son éternel ramassis de conneries. ’One’ est devenu un hymne indélébile parce qu’il reconnait que ’we’re not the same’ (nous ne sommes pas identiques) mais qu’il nous faut quoi qu’il en soit ’carry each other’ (nous soutenir). L’épate criarde de ’The Fly’ résonne en raison de la rock star en son centre qui confesse qu’elle une menteuses et une voleuse. Et pour ’Mysterious Ways’, the Edge a concocté quelque part un riff jubilatoire rugissant qui transforme le gospel de Bono de sorte qu’il ne soit pas écœurant le lendemain matin.

Contrairement à Radiohead pour ses OK Computer et Kid A, U2 a pris sa désillusion post industrielle rock traditionnel non pas comme le symbole d’un malaise culturel global mais comme un défi pour se montrer à la hauteur et transcender. Ses confessions de fragilité et d’aveuglement au beau milieu d’atmosphères glauques (sans aucun doute poussées par son coproducteur Brian Eno) avaient un air de nettoyant plutôt que de pleurnichard. Que cet album s’éteigne introspectivement est courageux à sa propre manière tranquille.

Bien qu’il ait continué à cafouiller au travers de périodes d’enflement, d’auto-illusion et de manque d’à propos, U2 est devenu le groupe emblématique de l’ère du rock alternatif avec Achtung Baby. Luttant pour étreindre et exploser simultanément le mode, il n’a jamais été plus stimulant. — Charles Aaron

En savoir plus : Spin

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article54041.html

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