VEVO:SOMMES-NOUS IMPATIENTS ? BONO L'EST.

Publié le 16 Décembre 2009

, par Corinne/Dead

Eric Schmidt, PDGde Google, Doug Morris, président et PDG d’UMG, la reine Rania de Jordanie, Bono, chanteur leader de U2, et Jimmy Iovine, président d’Interscope Geffen A&M assistaient au lancement de VEVO au Skylight Studio le 8 décembre 2099 à New York. (Photo : Dimitrios Kambouris/Getty Images North America)

par Todd Martens

L’industrie musicale a enfin eu droit à sa version de Hulu mardi dernier dans la soirée. Ou pour être plus précis, tôt dans la matinée puisque le très tendance lancement de Vevo était intermittent et lent jusqu’en début d’après-midi. Mais l’on s’attend à des caprices post-lancement et Vevo, qu’il s’avère ultimement le changeur des règles que les héros de cette industrie ont vendu en tant que tel, est largement en retard.

YouTube a été la source vers laquelle se diriger pour ce qui est des vidéos musicales depuis des années et le site propriété de Google est bourré à craquer de singles officiels, raretés, de trucs écrasés par les fans, de clip en live via téléphone portable et de tout autre vidéo en rapport avec la musique que l’on puisse rêver. Si ce n’est pas cassé alors pourquoi le réparer ? Mais YouTube, bien que bazar gratuit de matériel en rapport avec la musique, est également plein de culs de sac, de faux clips, profanes et de tonnes de vidéos tournées de mauvaise qualité.

Mené par le groupe Universal Music, Sony a investi dans Vevo et compte YouTube au nombre de ses associés. Cela peut certainement apporter un peu de respectabilité et beaucoup du contenu de Vevo a désormais été injecté dans YouTube. Cherchez Lady Gaga et YouTube vous dirigera vers une coquille (NDLT : habillage) Vevo intégrant le clip "Bad Romance". Mais si vous voulez voir la première officielle de "H.A.T.E.U." de Mariah Carey ou le "I Am" de Mary J. Blige, il vous faudra vous rendre sur Vevo pour cela et regarder une pub (ou savez, creuser sur YouTube).

En termes de ce que Vevo signifie au final, une chose est certaine. N’écoutez pas Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2 à la fête tape à l’œil de mardi soir à New York, qui comprenait des performances d’artistes complètement sous exposés tels que Lady Gaga et Adam Lambert (NDLT : ce dernier oui, tant qu’à Lady machin, perso j’aimerais bien que ce soit le cas !), les remarques d’ouverture faites par Bono ont été citées par Billboard : "Les amis nous sommes rassemblés aujourd’hui pour faire le deuil du vieux modèle mourant de ce qu’était le monde de la musique."

Peut-être que Bono avait des infos internes sur ce que Vevo allait ultimement devenir. En gros, Vevo propose à la demande du contenu musique en streaming avec pub. YouTube offre la même chose sans la pub et avec plus de contenu.

Pourtant, il y a plein de choses à aimer chez Vevo. La qualité du son est supérieure, les vidéos, même si elles ne sont pas encore disponibles en HD, semblent belles et Vevo s’accompagne de fonctions spécifiquement musicales. La capacité de faire sa playliste et la sauvegarde des vidéos préférées pour les jouer de manière répétée est pratique, surtout si l’on veut utiliser son ordinateur comme un jukebox virtuel et rassembler un nombre de clips. Les liens vers Amazon et iTunes sont pratiques et la promesse des paroles des chansons incrustées dans le clip est géniale.

Pour l’heure, bien que le site ait une interface propre et tous vos principaux labels préférés, il semble être implanté dans ce qu’on appelle le vieux modèle, c’est à dire un streaming avec des pubs. Pour l’utilisateur ordinaire — et c’est là pratiquement tous ceux qui utilisent YouTube, vraiment — Vevo s’avère un peu contrariant. Bien que toutes les vidéos ne comprennent pas de pub, un grand nombre en possède, et très souvent, au moins au lancement, sont loin d’avoir l’opportunisme de YouTube.

Ultimement, si Vevo veut réussir, il lui faudra du contenu. Pour l’heure, il en manque toujours. Un portail géré par un grand label plutôt qu’un sous licence devra toujours faire face à un défi car il ne sera pas un site englobant toute son industrie. En s’associant à YouTube, Vevo a largement trouvé la fin autour de ce problème.

Pourtant YouTube fonctionne comme un outil de découverte de musique — l’on peut y trouver rapidement le lien jusqu’au dernier morceau de Carrie Underwood ou même le nouveau single de Spoon pour lequel aucune vidéo n’existe encore.

Alors qu’est-ce que cela signifie pour les visionneurs ? Lorsqu’il est question de contenu provenant d’Universal, EMI et de SonyWarner Music Group demeure la seule prise — les spectateurs devront s’habituer au « pre-video ad roll ». Ce ne sera vraisemblablement pas une dissuasion, bien entendu, mais insérer un petit clip McDonald avant le dernier clip de 50 Cent ne représente pas exactement un nouveau modèle. Cela ressemble plus à une pratique classique dans cette industrie, et quelque chose que la plupart des fans de musique, particulièrement ceux qui utilisaient régulièrement MTV.com, sentaient probablement venir.

Vevo pourrait également avoir une meilleure intégration à YouTube. Car, aujourd’hui, l’on peut simplement passer quelques secondes à chercher les chargements non-Vevo et éviter les pubs. A long terme, Vevo devra se détacher des recherches sur YouTube. Il est vrai qu’une courte pub serait très souvent préférable à une longue chasse au clip légal.

Cela pourrait donner un coup de pouce à Vevo comme site sur lequel se rendre, une fois qu’il aura étoffé son contenu, mais pour cela il faudra bâtir une relation avec les labels indépendants. Une recherche sur Arcade Fire devra se faire plus tôt que faire apparaître un clip de Earth Wind & Fire (Rio Caraeff de Vevo assure à Billboard.biz que le contenu indie est couvert) si Vevo veut une vie hors de YouTube.

Le contenu original est l’aire dans laquelle Vevo peut exceller. Les coulisses et l’accès exclusif aux artistes est quelque chose que Vevo devrait avoir en tête de liste et la promesse mentionnée plus haut de paroles sous la forme de sous-titres pour les clips est bien excitante.

Ceci étant dit, ça aurait sympa si le site, lancé plus tard, avait eu plus de clips originaux que les rares de Wyclef Jean facilement disponibles. L’une des raisons pour laquelle les précédents portails en ligne gérés par un gros label ont échoué était que ces sites manquaient de contenus ciblés sur les fans des soi-disant illégaux serveurs de P2P. Les chargements en live depuis les téléphones portables de concerts, ou les raretés facilement trouvables, les performances à la télévision et plus en sont la clef. La musique officiellement sortie ne représente qu’une fraction de ce qui rend YouTube attrayant.

C’est sûr, Vevo est un ajout bienvenu et il était temps que les labels des majors le reconnaissent. Pourtant, Vevo aurait probablement du comploter une sortie beaucoup plus silencieuse. Inutile de sortir tous les VIPs et de courtiser la presse lorsque l’on est sûr de souffrir dans les prochains premiers mois. Nous avons entendu dire que c’était une bonne fiesta, mais il reste encore du boulot à faire.

En savoir plus : The L.A. Times

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article53601.html

Rédigé par guytou 87

Publié dans #U2 ACTUALITEES

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