LES NOUVELLES AVENTURES DE THE EDGE

Publié le 15 Janvier 2010

, par Corinne/Dead

Un groupement du Sierra Club s’oppose au projet de construction du guitariste de U2 et un observateur clarifie sa position tout en condamnant ce qu’il considère comme l’hypocrisie des ennemis.

par Steve Lopez

(27 février 2009 - Photo par Photo Agency)

Peut-être que je devrais foncer et déménager à Malibu, ou tout au moins ouvrir un bureau satellite sur place. Le drame là-bas n’en finit jamais.

Ma dernière dépêche depuis The Bu (NDLT : raccourci pour Malibu)impliquait l’assaut sur une montagne située au dessus de Surfrider Beach en dehors des limites de la ville, où le guitariste de la formation rock irlandaise U2, connu sous le nom de The Edge, veut construire non pas une, deux, trois, quatre mais CINQ maisons de la taille de porte-avions. Et il a baptisé son projet — je ne plaisante pas, entre parenthèses — Leaves in the Wind (feuilles dans le vent).

Les lecteurs attentifs se souviendront que la légende du surf et maire entrant Zuma Jay était fumasse contre ce projet, argumentant qu’un soi-disant protecteur de l’environnement détruisait ce qu’il restait de paradis.

The Edge n’était pas disponible pour répondre à mes questions, bien que des personnes (du lobbying/marketing) m’aient assuré que ce projet serait un modèle de durabilité, une construction respectueuse de l’environnement et m’aient renvoyé vers leavesinthewind.com, où The Edge promet d’honorer le sol sacré autour de son complexe.

J’avais noté dans ma chronique que Mark Massara, qui a fait ses preuves en tant que protecteur de l’environnement pour le Sierra Club, figurait dans la vidéo postée sur le site de The Edge d’une manière suggérant qu’il défendait le fantasme au sommet de la montagne du guitariste.

Puis, alors que j’étais en vacances en décembre dernier, Massara s’en est pris méchamment à ma chronique. Dans une lettre adressée à mon rédacteur en chef, il a argué qu’il ne voyait pas son apparition dans cette vidéo comme un soutien de ce projet. La lettre de Massara a été publiée au début du mois de janvier, ce qui a conduit les officiels du Sierra Club à passer à l’action.

Ils voulaient clarifier deux choses :

Primo que Massara ne faisait plus partie du Sierra Club depuis le 1er janvier.

Et secundo que l’organisation basée à San Francisco n’appuyait pas le projet de The Edge et qu’en fait elle attendait la position officielle de ses membres de la Santa Monica Mountains Task Force.

Un porte parole du club a déclaré que les personnes travaillant pour The Edge devraient retirer le nom de Massara en tant que représentant du Sierra Club sur le site leavesinthewind.com.

Bien, lundi, j’ai fini par rattraper le retard avec Massara pour entendre comment il a avait atterri sur un site Internet habile promouvant un projet qu’il insiste ne pas soutenir.

Et puis, j’ai découvert que le groupement avait voté lundi soir, 6 contre 0 (soit l’unanimité), pour s’opposer au projet de The Edge pour plusieurs raisons, incluant des risques de feux de forêt et de destruction de l’habitat.

Commençons par Massara, dont le départ du Sierra Club après de nombreuses années de loyaux services n’a rien à voir avec son apparition dans la vidéo de Leaves in the Wind — l’avocat du surf a pris position avec une combinaison de plongée de la société O’Neill.

Il m’a expliqué que lorsque j’avais tenté de le contacter avant ma première chronique le mois dernier, il se trouvait à bord d’un vol pour la côte Est et avait raté mon appel. Si j’étais parvenu à le joindre, poursuit-il, il m’aurait expliqué que les études géologiques n’étaient pas terminées et qu’il n’en savait pas suffisamment sur les spécificités de la proposition de The Edge pour la soutenir.

Bien, il est certain que je me suis fait avoir. il me semble que lorsque l’on apparaît dans une vidéo dont le seul but est de promouvoir un projet et contrer l’opposition, soit vous êtes à bord soit vous êtes utilisé.

"Il va falloir que ces leaders visionnaires soient associés avec de pareils projets... pour faire de la ligne côtière californienne un modèle de durabilité", déclare Massara dans cette vidéo.

Massara précise qu’il faisait allusion au travail des architectes du projet de The Edge plutôt qu’à cette proposition spécifique. Cependant, il pense que ce projet a de nombreuses lignes séduisantes et sensibles à l’environnement et que certaines des personnes tentant de le corser ont donné le feu vert à la construction de centaines de monstruosités dans cette région au cours des années.

Sur ce point, je n’ai rien à dire. En conduisant le long de la Pacific Coast Highway, vous vous demanderez qui a payé qui et pourquoi plus de personnes n’ont pas été bouclées.

Massara a gardé sa meilleure cartouche pour les membres de la Santa Monica Mountains Conservancy (NDLT : Préservation des montagnes de Santa Monica), qui ont écrit une lettre à la California Coastal Commission (NDLT : Commission de la côte californienne) dénonçant le projet de The Edge, l’accusant de violer le dessein du Coastal Act (NDLT : traité côtier) et de "inévitables impacts négatifs significatifs écologiques et visuels."

Massara a qualifié cette lettre de "l’une des analyses utilisant la terre comme la plus incendiaire, inutile, intéressée et sournoise que j’ai jamais vue."

Franchement, j’ai trouvé qu’elle contenait quelques très bons arguments. Mais selon Massara, c’est un acte d’hypocrisie tout comme la majeure partie de l’opposition à The Edge.

"Je n’arrive pas à croire que personne ne leur tombe dessus. Pourquoi ne regardent-ils pas tout cet autre truc ?", souligne Massara, qui affirme qu’une proposition pour une propriété près de ball fields le long de la PCH de Malibu a demandé la construction de plusieurs demeures gigantesques qui détruiraient l’habitat. "Et pourtant, il y a toute cette rage contre The Edge, 24 heures sur 24 alors qu’il essaie de faire quelque chose de dix fois plus exemplaire."

Le conseiller de Malibu maire entrant Jefferson "Zuma Jay" Wagner précise que Massara a raison pour ce qui est de toutes ces constructions horribles approuvées par le passé.

Mais "il est injuste de comparer un projet à un autre", poursuit-il, en expliquant que le chantier près du ball field ne se situe pas sur la très visible et immaculée ligne de crête, et plus proche des alimentations en eau et de constructions existantes.

"The Edge ne construit pas au bon endroit", argumente Dave Brown, président du Santa Monica Mountains Task Force, le groupe du Sierra Club qui a voté lundi son opposition à ce projet.

"Nous ne sommes pas opposés aux initiatives qu’il entreprend pour être vert. Il ne comprend simplement pas l’environnement avec lequel il doit composer. Nous ne sommes pas sur l’Île Emeraude (NDLT : l’Irlande) et ici ça brûle et il faut en tenir compte."

Pour que le complexe du rockeur irlandais soit sain, il faudrait raser le chaparral (NDLT : un ensemble boisé vert composé en grande partie de chênes), selon Brown. Ce projet s’étendant sur quelque 156 acres, cela signifie la destruction de nombre d’habitats. Et lorsque cela se produira le terrain craqué par les secousses sismiques deviendra instable et propice aux glissements de terrain. De nombreux millions de dollars en impôts ont été dépensés pour annuler ce genre de désastre par certains des plus riches propriétaires du pays.

il a également insisté sur le fait que le pompage de l’au en gros à 2.000 pieds au sommet de la colline consommerait beaucoup d’énergie et rendre ce chantier plus attractif aux yeux des autres propriétaires terriens. Puis, bien entendu, il y aura de nouvelles routes et plus de percées fragmentaires dans la Santa Monica Mountains National Recreation Area, une unité faisant partie des parcs nationaux.

Peu importe la discrétion de l’architecture, explique Brown, cette montagne se voit depuis le Westside, la South Bay et le nord ouest de la vallée de San Fernando. Et d’ajouter que le conté de L.A. a adopté une ordonnance qui n’attend que l’action de la Coastal Commission, "pour rendre illégal la construction sur une ligne de crête."

Restez branchés les gars. Ca va être une sacrée bataille et ça ne fait que commencer !

En savoir plus : The L.A. Times

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article53705.html

Rédigé par guytou 87

Publié dans #U2 ACTUALITEES

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