Le retour glorieux du roi Bono a permis à U2 de réussir un coup de maitre

Publié le 10 Août 2010

Un spectacle époustouflant à Turin et voilà tous les doutes envolés pour ce qui est de la pertinence en continu du groupe, explique Barry Egan

Photo : AFP

Ca se passait une heure avant que U2 ne prenne la scène d’assaut face à quelque 70.000 personnes dans le stade olympique de Turin pour le redémarrage de la tournée mondiale à 360°.

Elle était sensée reprendre en juin dernier en Amérique du nord — mais Bono avait dû être opéré en toute urgence d’une sérieuse blessure au dos qu’il s’était infligé en répétant pour cette même tournée.

Selon le très respecté magazine d’assurance, The Insurance Insider, l’annulation de la partie nord américaine de cette tournée aurait coûté la somme rondelette de 17 millions de dollars au marché de l’assurance londonien en raison de la couverture prise par le groupe, ses promoteurs Live Nation et le spécialiste du divertissement Robertson Taylor.

Mais personne ne s’en souciait. Au contraire, l’Italie est entrée en transe bonomaniaque. L(agitation dans le public était palpable vendredi soir. Les filles de Rome qui étaient venues dans le sud spécialement pour le concert parlaient pratiquement dans leur langues. Elles étaient tellement enthousiastes. Sous le ciel de Turin, tout semblait en rapport avec U2, surréellement. Un peu avant que U2 ne prenne d’assaut la scène, j’étais tombé sur le meilleur ami de Bono, Gavin Friday avec qui j’avais eu une conversation des plus surréalistes et qui travaille en tant que directeur artistique sur cette tournée.

Bono est-il nerveux ? Comment va son dos ?

"Non", rétorqua-t-il. "Sa colonne est sa ligne de basse ."

Quelle part de Gavin y avait-il en Bono sur scène en 2010 ? "Pour être honnête", de répondre en riant Gavin : "Je ne suis pas sûr de savoir où je finis et où Bono commence et vice et versa."

"Nous venons à peine de commencer comme le chantait Karen Carpenter autrefois", de préciser Gavin. "Alors, Achtung Baby !"

Francis Bacon disait qu’il devait changer la réalité dans ses tableaux chaque fois qu’il peignait pour rester pertinent.

Etait-ce la même chose pour Bono lorsqu’il chantait soir après soir les mêmes chansons que le monde voulait entendre de lui ?

"Contrairement à la peinture, interpréter une chanson, c’est différent à chaque fois", de m’expliquer Gavin, "et c’est d’autant plus vrai avec un chanteur comme Bono."

La rumeur est-elle fondée... U2 jouera-t-il au Croke Park de Dublin dans quelques mois ?

"Barry, je ne prends jamais au sérieux les rumeurs et les potins. Ce n’est pas bon pour la santé."

Avec le groupe prêt à prendre d’assaut la scène face à 70.000 personnes, Gavo de Ballymun devait se grouiller. Le chanteur était, "occupé comme un dingue". Et d’ajouter : "Je travaille comme une bête. Un boxer. Nous devons nous envoler pour Nice après le spectacle."

C’est un gentleman doublé d’un charmeur. Je lui posais une question effrontée : Qu’est-ce qui fait que U2 est toujours pertinent ?

"U2 sera toujours pertinent", de répondre l’ami Gavin.

Mais comment cela ?

"Le concert de ce soir vous expliquera tout ça."

Vint minutes plus tard et c’est l’heure du spectacle. L’on pouvait entendre le grondement de la foule dans toute l’Italie. Il y avait des milliers de personnes dans la rue qui n’avaient pas pu avaoir de place ; Elles dansaient aux accords de la musique s’échappant des murs du stade de foot, terrain de la Juventus, alors que U2 déclenchait en ouragan en se lançant dans Mysterious Ways et I Still Haven’t Found What I’m Looking For.

L’ambiance était à la fête partout dans Turin ce vendredi soir. Le public dans le stade perdait la raison sur Untill The End of The World. Avant ce titre, des phrases flashaient sur l’écran gigantesque pour relayer des messages subliminaux.

"Création ou évolution ?" ; "Où cela finira-t-il ?" ; et "Avez-vous un endroit où dormir ce soir ?" Bono affirma que tous ses enfants étaient dans le public pour ce cocnert. Il déclara que c’était l’anniversaire de the Edge et aussitôt les fans entonnèrent à l’unisson un Happy Birthday. Ensuite, il se mit à parler de la nature de la famille en Italie et présenta U2 également comme une famille[...]. Ah, voilà notre Bono. Jaysus.

Le grondement de le public allait crescendo à chaque déclaration de Bono, qui tel un empereur romain recevait les applaudissements qui lui étaient dus. Comme s’il était né pour cet étalage de dévotion et d’adoration.

Les craintes étaient que U2 ne donnât une tournée mondiale de trop, ne sorte un album de trop "edgy", ne fasse trop de bruit après son affaire d’évasion fiscale aux Pays Bas, alors que Bono trainait une fois de trop avec Bill Clinton et Bill Gates et qu’il fasse une tentative de sauver le monde une fois de trop !

J’espère que le jour ne viendra jamais où U2, commençant à perdre sa dignité, fera une tentative de trop pour demeurer ’cool’ et ’vibrant’. Je ne peux imaginer permettre que cela arrive, parce que c’est quelqu’un en qui l’on lit bien.

Et c’est certainement le cas de ces 70.000 personnes venues le voir, le décorer, l’applaudir et le fêter de loin et de partout ce vendredi soir à Turin, Bono était le plus grand artiste au monde.

Portfolio

En savoir plus : The Irish Independent

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article54632.html

Rédigé par guytou 87

Publié dans #U2 ACTUALITEES

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