Bono à 50 ans : le dirigeant qu’il nous faut

Publié le 16 Mai 2010

 par Corinne/Dear 

 


Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2 lors de l’édition 2010 du dîner de gala de l’Atlantic Council à l’hôtel Ritz Carlton le 28 avril 2010 à Washington, DC. (Photo : Kris Connor/Getty Images North America)


par Nancy Koehn

Dimanche Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2, militant de l’humanitaire et l’un des plus puissants leaders sur la scène mondiale, a eu 50 ans. A cette étape importante de la vie de tout être humain, revenir brièvement sur son parcours à ce jour vaut la peine — un voyage avec un but, un impact, une passion et de l’humour. C’est un chemin de leçons pour les leaders de tous les chemins de vie.

Commençons par considérer toutes les routes que Bono (né Paul David Hewson à Dublin) n’a pas emprunté alors qu’il voyageait au cours de ces cinq dernières décennies. Il n’a jamais été le PDG d’une grosse société. Il n’a jamais fait partie des officiels d’un gouvernement ou décroché une grosse contribution pour une campagne politique. Il n’est pas diplômé d’une université réservée à l’élite. La majeure partie de sa richesse considérable n’est pas issue d’équité internationale ni de marchés de la dette.

Alors qu’a bien pu faire Bono qui justifie son énorme influence — une influence qui s’étend des 100.000 places en stade dans lequel U2 joue à la Maison Blanche, au Vatican et à Downing Street — en matière d’annulation de la dette et d’aide médicale à l’Afrique ? Après tout, il n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Son père, Bob Hewson, ouvrier de la poste, lui disait de ne pas rêver pour éviter les désillusions. Alors comment ce curieux garçon agité dont la mère est morte alors qu’il n’avait que 14 ans, le laissant avec ce qu’il appellera plus tard un "trou en forme de Dieu" en son centre, est-il devenu un dirigeant qui a pu convaincre Bill Clinton, George W. Bush et Jesse Helms d’augmenter l’aide de l’Amérique à l’Afrique par plus de quatre, de près de deux milliards de dollars en 2000 à huit milliards de dollars en 2009 ? Pour lequel le Global Fund s’est engagé pour 19 milliards de dollars pour lutter contre le sida, la tuberculose et la malaria dans 144 pays ?



Le voyage de leadership de Bono trouve ses racines en U2, le groupe irlandais qu’avec plusieurs potes de classe dont Larry Mullen, Jr., David Evans (qui serait plus tard connu sous le nom de "The Edge"), et Adam Clayton, il a fondé en 1976. L’histoire de la réussite de U2 tient autant du commerce que de l’art. En son centre reposent la création et l’intendance d’une marque très puissante, une marque qui, au beau milieu d’une parfaite turbulence en activité dans le monde de la distribution musicale, s’affirme toujours plus dans le monde.

Autre partie impoirtant de la réussite de U2, son modèle d’affaires très profitable qu’ont développé nos quatre musiciens et leur manager futé Paul McGuiness. Un modèle qui continue d’évoluer — d’ordinaire en avance d’un ou deux pas sur le vent violent de la destruction créative ballottant une industrie plus grosse — et qui a bénéficié de beaucoup d’expérimentation, de réinvention continuelle et d’une volonté répéter de défier les standards de cette industrie.

Mais les marques et modèles d’affaires sont seulement aussi bonnes que le produit et les gens derrières eux. L’équipe U2, incluant musiciens, management, personnel administratif et autres est une organisation vibrante, hautement productive concentrée sur la production d’offres pertinentes, de classe mondiale — des CDs aux tournées en stades jusqu’aux films — qui vendent sur virtuellement quasi tous les marchés de la terre. Au niveau mondial, le groupe a vendu plus de 140 millions de disques. sa tournée de 2005 "Vertigo" a engrangé quelque 389 millions de dollars, se classant seconde seulement derrière celle des Rolling Stones pour les recettes d’une seule tournée.

Diriger cette entreprise s’est traduit par la conservation des membres de cette équipe clef motivés, impliqués et par la croissance — aussi bien en tant qu’êtres humains qu’en tant que fabricants de musique — pendant près de 34 ans. Passer d’une bande quatre ados — qui en 1979 devait vendre l’un de ses instruments pour se payer le billet de retour chez elle après une courte tournée à Londres — à l’une des plus grandes réussites en matière de groupes de rock de tous les temps a exigé une foi continuelle, un flot constant de courage, d’énormes réserves personnelles d’énergie et une discipline d’ouverture au monde alors qu’il continue de le rencontrer.

A partir de cette solide fondation, Bono a acquis une grande action. Non seulement de l’argent pour lui-même et une influence sur ses acheteurs — fans de musique de tous âge, forme et taille — mais également l’accès extraordinaire à d’autres célébrités ainsi qu’une influence sur une large gamme de problèmes en dehors de la musique rock. L’un des aspects les plus fascinants du leadership de Bono est le choix qu’il a fait de l’usage de l’autorité qui a accompagné son succès d’affaires. Il a décidé, encore et encore, de mettre en œuvre ses muscles artistique, politique, stratégique et spirituel pour soulager les pays les plus pauvres au monde.

Il parle beaucoup de justice animant son travail et son esprit. Mais peut-être est-ce là un terme trop abstrait pour ce que Bono semble faire au quotidien. L’une des choses les plus importantes qu’il fait chaque jour est de continuer à s’instruire sur les gens, l’économie et les problèmes urgents des pays en voie de développement. Nombre d’experts, incluant l’économiste du développement Jeffrey Sachs, ont fait des commentaires sur la rigueur avec laquelle le chanteur devenu activiste s’emploie à faire ses devoirs.

La seconde partie importante d’une journée de la vie de Bono consiste à diriger un spectre d’organisations telles la campagne ONE et Product (RED) qui chacune servent sa plus large mission. Ceci implique coordonner ces groupes et surveiller leurs progrès. Pour ce qui est de 2009, le Global Fund a contribué à soutenir les traitements antirétroviraux pour 2.5 millions de personnes ; à fournir 105 millions de sessions de conseils et d’examens sur la séropositivité ; et à financer 4.5 millions d’instances de soins basiques et de services de soutien aux orphelins et enfants vulnérables. Le leadership de Bono implique également la vente de ces organisations et de leur travail à toutes sortes d’actionnaires.

Au beau milieu de toute cette activité, Bono continue de transformer son énergie en fabrication et distribution. Ce qui est en partie poésie, en partie conditionnement pour son groupe et lui-même (il a dit un jour qu’il avait dû apprendre à être une rock star), en partie dollars et cents et en partie motivation de compétition. Son travail en tant que musicien est aussi crucial pour ses efforts humanitaires que l’argent qu’il contribue à récolter ou les politiques qu’il rallie à l’annulation de la dette. En même temps, son militantisme est devenu une part de la marque U2, animant la manière de penser de millions de personnes sur son groupe et ses offres.

L’on trouve ici plusieurs leçons. Pour commencer, tous les leaders à l’organisationnel brillant — des présidents aux chefs de police et PDG — manient le pouvoir, souvent à l’excès de ce qui leur a été acquis par leurs fonctions. Comment pareils individus décident, explicitement ou non, d’utiliser ce contrôle est une question de grave importance pour le monde aujourd’hui. Les problèmes les plus importants auxquels nous sommes confrontés à présent, incluant un système financier international précaire et un système environnemental à vulnérabilité égale, ne se présentent pas dans des seaux différents étiquetés "affaires" et "politique publique." Ce sont là des défis qui éclatent au travers de barrières plus vieilles et contribuent redéfinir lieu organisationnel et mission.

Deuxièmement, comme Bono semble le comprendre, ces problèmes exigent une nouvelle sorte de leadership, celui non pas basé sur des hiérarchies vieillissantes et des systèmes de statut mais en humilité, un ardent désir d’apprendre et le respect pour les individus que ces organisations servent.

Troisièmement, les dirigeants individuels doivent continuer d’être honnêtes envers eux-mêmes sur leur propre voie et impact.

Enfin, un leadership efficace aujourd’hui exige une volonté de rester ouvert, pas seulement à sa propre entreprise mais également à celle du village international envahissant qui l’entoure. Bono, comme Abraham Lincoln il y a 150 ans de cela, ne s’est pas isolé dans une atmosphère d’élite. Il a employé ses tournées et voyages comme des salles de classe pour l’aider à comprendre les espoirs, rêves et tribulations de ses compagnons citoyens, qu’il appelle souvent ses frères et sœurs. Et il a utilisé cette connaissance pour éclairer son chemin, sa musique et son leadership.

Bon anniversaire Bono.

En savoir plus : The Washington Post

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Rédigé par guytou 87

Publié dans #U2 ACTUALITEES

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